Les missions du poste

Établissement : Université de Rennes École doctorale : École doctorale Écologie, Géosciences, Agronomie et Alimentation Laboratoire de recherche : ECOSYSTEMES, BIODIVERSITE, EVOLUTION Direction de la thèse : Hugo CAYUELA Date limite de candidature : 2026-06-01T00:00:00
Les populations naturelles sont façonnées par des processus démographiques complexes impliquant la variation temporelle des taux vitaux, la dépendance à la densité et la structure des individus. Pourtant, notre compréhension de ces processus repose encore largement sur des études menées chez les oiseaux et les mammifères, laissant un vide majeur pour d'autres groupes de vertébrés, en particulier les amphibiens et les reptiles. Ce biais limite notre capacité à généraliser les théories démographiques et à prédire la réponse des populations aux changements environnementaux globaux.

Ce projet de thèse vise à combler cette lacune en développant une approche intégrative de la démographie globale chez les vertébrés ectothermes. Il s'appuie sur la base de données ECTOLIFE, qui regroupe des données de capture-recapture pour plus de 400 000 individus répartis sur plus de 700 populations à l'échelle mondiale.

Le projet est structuré autour de trois axes principaux. Le premier vise à quantifier la variabilité temporelle des taux vitaux (survie, recrutement) et à tester l'hypothèse de buffering démographique, selon laquelle les taux les plus influents sur la croissance des populations présentent une variabilité réduite. Le second axe examine le rôle de la dépendance à la densité dans la régulation des populations, en évaluant son intensité et sa direction le long du gradient slow-fast des histoires de vie. Le troisième axe explore l'importance de la taille corporelle dans la structuration des populations, en analysant comment les taux vitaux varient avec la taille et influencent la viabilité des populations.

En combinant modèles de capture-recapture bayésiens, modèles matriciels de population et approches phylogénétiques comparatives, cette thèse fournira une compréhension sans précédent des déterminants de la dynamique des populations chez les amphibiens et les reptiles, avec des implications majeures pour la théorie écologique et la conservation.

Ce projet de thèse bénéficiera d'un environnement scientifique et financier particulièrement favorable.

Le projet s'inscrit également dans le cadre d'une chaire de professeur junior soutenue par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR), dotée d'un financement global de 200 000 euros, garantissant des moyens significatifs pour les activités de recherche (missions, collaborations internationales, calcul intensif).

Le doctorant aura accès à des ressources de données uniques, notamment la base de données démographique ECTOLIFE, qui constitue l'une des plus importantes bases mondiales de données de capture-recapture pour les amphibiens et les reptiles.

L'encadrement sera assuré par une équipe internationale reconnue, offrant un environnement de formation de haut niveau en écologie quantitative, modélisation statistique et analyses comparatives.

Comprendre pourquoi les populations augmentent, déclinent ou persistent constitue un défi central en écologie, avec des implications directes pour la conservation de la biodiversité. Malgré des avancées majeures, les connaissances actuelles reposent principalement sur un nombre restreint de groupes taxonomiques, limitant fortement la portée générale des théories démographiques.

Les amphibiens et les reptiles représentent à la fois une part importante de la diversité des vertébrés et des groupes particulièrement vulnérables aux changements globaux. Pourtant, leurs dynamiques démographiques restent largement méconnues. Cette lacune constitue un frein majeur à la fois pour la recherche fondamentale-en limitant notre compréhension des stratégies d'histoire de vie et des mécanismes de régulation des populations-et pour la recherche appliquée, en entravant notre capacité à prédire les risques d'extinction et à concevoir des stratégies de gestion efficaces.

Ce projet vise à lever ces verrous en apportant une vision intégrative des processus démographiques chez les vertébrés ectothermes. En testant des hypothèses clés telles que le buffering démographique, la dépendance à la densité et le rôle structurant de la taille corporelle, il contribuera à unifier les cadres théoriques en écologie des populations tout en fournissant des outils pour mieux anticiper les réponses des espèces aux changements environnementaux.

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